Machinations Corrosives

BIENNALE DU DESIGN 2019, SAINT-ÉTIENNE

Avril 2019 _ 2ème année DNA mention Design d'Espace, ENSBA Lyon

Projet mené dans le cadre de la 11ème Biennale du Design de St-Étienne, en collaboration avec l'entreprise de conteneur Capsa.

La vision première que nous avons du métal est celle d’un «super-matériau». Rigide, solide, lourd, étanche; il contient aussi bien qu’il supporte. Je me suis intéressée à la relation entre les conteneurs en acier et l’eau, qui face à ces blocs massifs et dociles, semble bien inoffensive. Liquide, «immatérielle», on ne peut réellement la manier.

 

J’ai donc choisi de jouer sur cette relation contradictoire et d’explorer un éventuel dialogue entre ces deux matières. En dépassant cette première vision du métal, on s’aperçoit qu’il est bien plus vulnérable face à l’eau qu’il n’en a l’air. La corrosion est lente certes mais radicale. Sur un laps de temps prolongé, l’eau ronge le métal, il s’effrite, se creuse, se troue, et une fois altéré il est impossible de retrouver son état initial. La radicalité de cet impact que l’eau a sur le métal m’intéresse, ainsi que l’importance du temps sur cette transformation. Elle n’est jamais immédiate. Peu importe le degré d’agressivité des oxydes formés lors de la réaction, une altération de la matière aura lieu, qu’elle soit superficielle ou irréversible.
Suite à la corrosion, on perd progressivement les qualités matérielles du métal tel qu’on le connait, elles deviennent autre chose. J’aimerai explorer cette vulnérabilité et tenter d’atteindre une certaine inconsistance du métal. Morceaux effrités, poussière, c’est une matière transitoire, en devenir.
L’acier fait donc l’objet de diverses expérimentations corrosives, mises en scène et présentées sous la forme d’un mini laboratoire.